Dans un très bon article paru récemment dans “Sciences Humaines”, le sociologue Olivier Cousin décrit ainsi le travail des cadres:
“Pour faire ce qu’ils ont à faire, (les cadres) ne peuvent guère se fier aux procédures, ni aux objectifs qui sont beaucoup trop vagues, ils doivent au contraire s’engager, imaginer, prendre des initiatives, proposer, bref affirmer leur autonomie et leur assurance. Or la question à laquelle ils se confrontent est de savoir où se situe la frontière entre le possible et l’impossible.” … “Ne pas s’engager les condamne mais s’engager n’offre aucune garantie.” “(Les cadres) se heurtent à l’incertitude de leur action ne sachant jamais s’ils seront entendus et cela d’autant plus que les stratégies et les politiques sont volatiles” … ” Faire face au vide place les cadres dans une situation singulière puisque l’autonomie dont ils disposent pour accomplir leur travail l’est par défaut.”… “Ils soulignent la complexité et l’ambivalence des rapport au travail, mélange d’un profond attachement à ce qu’ils font et d’un désarroi tout aussi grand, face aux multiples obstacles qu’ils doivent surmonter.”L’autonomie, l’engagement et le fait de ruser à l’occasion avec le système sont les principaux marqueurs du comportement intrapreneurial. Ce qui différencie l’intrapreneur du cadre ne serait donc qu’une attitude ? Une “positive attitude” en l’occurrence ? Ou la capacité d’édifier, chemin faisant, les garanties dont il a besoin ?
Réf: Olivier Cousin, “Entre contrainte et plaisir le travail des cadres”, Sciences Humaines, Novembre 2009.
November 14th, 2009 |
Tags: "positive attitude", ambiguité, Attitude, autonome, Cadres, engagement, garanties, initiatives, intrapreneur, intrapreneuriat, Magazine Sciences Humaines, Olivier Cousin
